Dans une abbaye, le cloître est un lieu de silence et de recueillement. Les moines y marchent pour méditer, lire ou prier. A l’abbaye de Solesmes, il y en a deux, le Petit cloître dans l’ancien prieuré et le Grand cloître construit en 1938.
Formé de quatre galeries fermées entourant un petit jardin intérieur et cerné par l’église et les bâtiments du prieuré reconstruit au début du XVIIIe siècle par les mauristes, le petit cloître est un lieu où s’expriment immédiatement le retrait du monde, la clôture et l’ouverture vers le ciel. Son plan carré, son architecture et son ornementation très élaborée, tout comme son jardin clos, lui confèrent un langage symbolique d’une grande richesse. C’est un lieu de passage entre les différentes parties du monastère, mais surtout un espace de silence, de méditation et de prière. Dans le jardin, un parterre de délicates broderies de buis taillé a été planté, en 1933, selon un dessin de Dom Paul Le Corre (1895-1984).
Le grand cloître a été bâti par Dom Paul Bellot (1876-1944) en 1937. Il est bordé à l’ouest par la bibliothèque, au nord par le grand bâtiment longeant la Sarthe, et à l’est par l’aile la plus moderne du monastère, ajoutée en 1955. À l’angle nord-ouest se trouve le lavatorium. C’est dans ce petit édifice au toit pointu que le père abbé lave les mains des hôtes avant le repas, comme le demande saint Benoît dans sa Règle. Avec ses figures géométriques qui jouent avec la lumière, l’architecture du grand cloître est typique du style de Dom Bellot.